19.06.2008

Audiovisuel public : un seul scénario...qui va mal finir

Pour raisons techniques, Serial Zappeur a pris un peu de retard mais, comme à la SNCF, vous ne serez pas remboursés parce que je n'en suis pas responsable...
La commission Copé met actuellement la touche finale au très controversé rapport sur la réforme de l'audiovisuel public. Il semblerait que, de 3 scénarii préalablement envisagés, on passe désormais à une seule et unique hypothèse qui se décompose en plusieurs points :

- une taxe de 0,5% sur le chiffre d'affaires des opérateurs internet et de téléphonie mobile (soit 210 millions d'euros). SRF a d'ores et déjà annoncé qu'il répercuterait une éventuelle taxe. Ce n'est pas comme si on ne payait pas déjà un oeil pour téléphoner...

- une taxe sur l'attribution des fréquences radio-électriques (100 millions)

- une taxe sur les recettes publicitaires supplémentaires des télévisions privées (pour 80 millions), ce qui ne va pas du tout plaire à TF1 et M6 qui n'ont pas manqué ces dernières semaines de rappeler leur déjà très lourd cahier des charges...

- last but not least, parce que ça concerne la majorité des contribuables, une indexation de la redevance sur l'inflation. Et comme l'inflation n'est pas à son plus bas niveau ces derniers temps, je sens que ça va grincer dans les chaumières. La commission propose en outre d'assujettir à la redevance les propriétaires d'un ordinateur ou d'un téléphone portable permettant de voir la télévision, étant entendu qu'un foyer ne paierait qu'une seule fois quel que soit le nombre de récepteurs dont il dispose. Mesure qui promet d'être là aussi extrêmement populaire chez les geeks qui passent plus de temps devant leur PC que devant Thalassa. Mais bon...

Concernant France 3 qui compte 5 000 des 11 000 salariés du groupe France Télévisions, la commission maintient sa proposition de réorganiser la chaîne autour de sept pôles régionaux, au lieu de treize actuellement, pour "regrouper les moyens, sans suppression de postes". En revanche, M. Copé repousse à plus tard une évolution vers un réseau de chaînes régionales avec un décrochage national.

Rappelons qu'une grève, assez fortement suivie, a touché l'audiovisuel public hier.
Reste que ce scénario de financement, s'il se concrétise, risque de provoquer une inflation des tarifs publicitaires des chaîne soumises à taxe, une augmentation des prix des opérateurs Internet et de téléphonie mobile et une véritable levée de boucliers de la plupart des personnes actuellement non soumises à la redevance.

A l'heure où l'on parle du pouvoir d'achat, comment le gouvernement, s'il va dans le sens de la commission, arrivera-t-il à faire passer cette réforme pas forcément prioritaire ?

28.05.2008

Le PS quitte la commission Copé

Les 3 députés socialistes membres de la Commission Copé sur l'audiovisuel public ont décidé de se retirer, une annonce qui sera effective la semaine prochaine. Patrick Bloche, Michel Françaix et Didier Mathus ont estimé que cette commission n'avait plus lieu d'être après les déclarations du chef de l'Etat qui a exclu une augmentation de la redevance.
Actée en réunion de groupe, cette décision sera annoncée lors de la prochaine réunion de la commission, mercredi prochain.

Il s'agit d'un nouveau coup dur pour Jean-François Copé qui semble s'enliser dans cette affaire... Et pour la réforme de l'audiovisuel public, plusieurs observateurs parlant de "l'implosion" d'une commission "mort-née".
"Le rapport Copé est mort. La commission l'est quasiment aussi. On lui donne une dernière chance jusqu'à mercredi prochain mais c'est purement formel", a renchéri M. Françaix. Selon un membre de la commission, certains producteurs devraient également claquer la porte.

Il faut dire que, depuis l'annonce en janvier dernier de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, le dossier France Télévisions n'a cessé de se complexifier pour se transformer en un véritable imbroglio politico-médiatique. Reste à savoir si Jean-François Copé rendra bien ses conclusions fin juin au Président de la République et ce que celui-ci décidera d'en faire.

L'intersyndicale de l'audiovisuel public a d'ores et déjà appelé à un arrêt de travail de 24 heures, le 18 juin, pour "sauver le service public audiovisuel".

16.05.2008

TF1 se penche sur le cas France Télévisions

On le sait, TF1 déteste avoir de la concurrence. Surtout une concurrence qui arrive à battre ses Experts un samedi soir...
Après Canal +, après M6, voici que la Une s'attaque à une nouvelle bête noire : France Télévisions.
Bon, ne soyons pas dupes, l'idée de supprimer la publicité sur le service public n'est sans doute pas apparue par enchantement au Chef de l'Etat (dont on sait qu'il est très proche de Martin Bouygues).

Là, autant de culot forcerait presque l'admiration. Comme le révèle Renaud Revel, le spécialiste Médias de l'Express sur son site internet, les dirigeants de TF1 ont remis un rapport de 13 pages à la Commission Copé, sur leur vision "idéale" du service public.
Comme par exemple un service public qui "évite les surenchères sur les droits sportifs et les séries américaines"... Ah ça, Jack Malone n'est pas le meilleur ami de Nonce Paolini apparemment...
Si c'était le 1er avril, ce ne serait même pas drôle...

La news est à lire ici.

14.05.2008

Redevance télé : vers une augmentation ?

Décidément, la réforme de l'audiovisuel public fait couler beaucoup d'encre et suscite les débats. Dernier revirement en date : il semblerait qu'on s'achemine vers une augmentation de la redevance TV. Si les téléspectateurs doivent s'acquitter de 116 euros par an, la suppression de la publicité sur France Télévisions et le manque à gagner engendré devrait obliger le contribuable à remettre la main à la poche.

Il semblerait, après de multiples tentatives pour nier cette éventualité, que la commission Copé soit désormais prête à étudier la question.
Carole Petit, membre SNJ de l'intersyndicale du service public, a été reçue aujourd'hui par cette même commission et a indiqué que le sujet de l'augmentation de la redevance n'était plus tabou.

Reste à savoir si cette possibilité était volontairement restée dans les cartons... Et si les téléspectateurs ne préfèront pas voir leurs programmes amputés par la pub plutôt que leur portefeuille...