03.06.2008
Audiences de mai : France Télé décroche, la TNT s'accroche
Le poste Autres TV mesuré par Médiamétrie, qui comprend la TNT, connait en mai une nouvelle phase d'ascension : avec 24,1% de PDM (part de marché), les petits Poucet du PAF talonnent de plus en plus les grands chaînes historiques, en établissant là leur record d'audience. Rappelons qu'en 2007, le poste autres TV rassemblait 17% de PDM.
TF1 et M6 limitent la casse en restant stables par rapport à avril avec respectivement 27,2% et 11,2%. TF1 perd quand même plus de 4 points de PDM en un an. C'est le service public qui décroche en mai, notamment France 2 à 17,3% de PDM.
Du côté de la TNT, la bonne opération est réalisée par BFM TV qui frôle les 1% de PDM et s'affiche désormais comme la 1ère chaîne d'information en France. Voilà un point qui ne fait pas les affaires d'I>Télé (dont la DG, Valérie Lecasble, est rappelons-le sur le départ). NRJ 12, qui perd 0,2 point en un mois, enregistre quand même une belle progression sur l'année : +67%.
Le duo de tête reste cependant celui des mini-généralistes TMC et W9. Comme quoi, les clônes miniatures des grandes chaînes savent rassembler. Gulli, quant à elle, est à 1,5% de PDM et surfe sur le succès d'Oggy et les Cafards et les Pokémon.
09:40 Publié dans Petit écran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : audience, télévision, médiamétrie, TNT, part de marché, Gulli, NRJ 12
13.05.2008
Audience TV : TF1 à seulement 25% de Part d'audience !!
TF1 a connu des jours difficiles mais là il semblerait que 2008 se transforme en annus horribilis pour la première chaîne. Manque de renouvellement, attrait de la TNT, overdose d'Experts ? Toujours est-il que le Mediamat Hebdo vient de tomber et qu'il doit déjà faire trembler les murs de la tour de Boulogne.
Voici le communiqué que je viens de recevoir de Newsmédias :
Mediamat hebdo
Lundi 5 / dimanche 11 mai.
En deux week-ends prolongés, la télé est fortement secouée.
- Dégringolade pour TF1 qui atteint un niveau plancher jamais mesuré jusqu’alors. En deux semaines, la chaîne privée abandonne près de deux points. En quelques mois, TF1 est passée d’une audience qui réunissait un téléspectateur sur trois, à un téléspectateurs sur quatre.
- La semaine précédente, c’est M6 qui se faisait doubler par les nouvelles chaînes de la TNT : un écart qui se creuse encore.
- Dans ce contexte, les chaînes publiques confortent leurs audiences, avec une progression HEBDOMADAIRE même sur FRANCE 2 et FRANCE 3.
Part d'audience par chaîne - en % - .
25.3 . TF1
17.6 . FRANCE 2
13.1 . FRANCE 3
10.8 . M6
.5.5 . FRANCE 5
.4.1 . CANAL+
.3.0 . ARTE
| 26.1 . AUTRES TV CUMUL
| 12.7 . AUTRES TV : Autres chaînes reprises sur la TNT gratuite
| 13.4 . AUTRES TV : Autres chaînes thématiques
.....................
Durée d'écoute :
Semaine étudiée Vs Semaine S-1
|> 187 minutes Vs 198 minutes
Chiffres Médiamat / Médiamétrie
18:25 Publié dans Petit écran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : TF1, audience, Médiamétrie, M6, TNT, télévision
15.04.2008
Audiovisuel et convergence : l'avis d'Arnaud Decker
Cette semaine, 4 questions pour ceux qui s'interrogent sur l'avenir de l'audiovisuel et la problématique de la convergence médias.

Arnaud Decker est directeur des études et de la prospective du CSA. Il enseigne par ailleurs à l’Institut d’études politiques de Paris et au sein du mastère de droit et d’administration de l’audiovisuel de Paris I La Sorbonne.
1) La question du financement de la télévision publique a fait l'objet de vifs débats depuis plusieurs mois. Vers quelle solution s'oriente-t-on ? Suppression de la publicité après 20h ?
Le parrainage est-il concerné ? Quelles peuvent être les conséquences d'une telle mesure ?
Il semble que toutes les hypothèses soient sur la table. A la commission présidée par Jean-François Copé de proposer au gouvernement des solutions. Un scénario probable est que la suppression soit progressive, commençant par exemple par une suppression après 20h. C'est une solution qui aurait du sens, car elle permettrait au marché publicitaire d'encaisser le choc de la disparition d'écrans puissants en prime time, à France Télévisions de continuer d'être un acteur significatif du marché publicitaire et cela limiterait l'ampleur des financements à trouver pour combler le trou dans le budget de France Televisions. Le parrainage devrait être maintenu. Les chaînes du secteur privé, TF1 et M6, et dans une mesure significative les nouvelles chaînes de la TNT, devraient bénéficier de la suppression. Des experts du marché publicitaire soulignent cependant que certains annonceurs pourraient purement et simplement quitter le média TV et modifier leur politique d'achat d'espaces.
2) Que pensez-vous du succès de la TNT et quelle évolution pour ce nouveau mode de diffusion ? Au niveau national mais aussi du point de vue des chaînes locales ?
Un tiers des Français sont d'ores et déjà équipés d'au moins un adaptateur TNT et le rythme des ventes ne décroît pas. C'est un formidable succès pour la TNT qui est née il y a seulement trois ans. Aux 18 chaînes gratuites et à la douzaine de chaînes payantes vont s'ajouter prochainement plusieurs chaînes en haute définition et la quinzaine de chaînes de la télévision mobile personnelle. Du côté des chaînes locales, ce sont près de 50 chaînes qui émettront d'ici la fin de l'année.
Au-delà de la seule télévision hertzienne, il est important de comprendre que l'ensemble des vecteurs de diffusion de la télévision sont désormais largement numérisés.
Le nombre de foyers bénéficiant d’un accès à une offre élargie, gratuitement ou sur abonnement, a été multiplié par trois depuis 2001. Près des deux tiers des foyers français équipés TV accèdent désormais à 15 chaînes et plus (pour la plupart en qualité numérique). Le "multichaînes" est une révolution silencieuse qui n'a pas fini de produire ses effets sur le marché, notamment en termes d’audience.
3) Orange qui développe un bouquet et débourse 203 M€ pour le foot, SFR qui lance sa SFR box, le boom de Dailymotion et Youtube... Nous sommes à un tournant de la convergence. Quelle évolution pour le paysage audiovisuel demain ? Avec quelle place pour les groupes historiques ?
L'intérêt des groupes de télécommunications pour l'audiovisuel n'est pas nouveau. France Télécom était un des actionnaires fondateurs de TPS il y a douze ans. Le phénomène nouveau, c'est sans doute la combinaison du boum du haut débit, de la capacité des réseaux à supporter confortablement tous types de contenus, notamment la vidéo, et de l'explosion des plates-formes de partage et du web communautaire, dans lesquels l'audiovisuel est omniprésent. Cela soumet le secteur à de multiples tensions : mise en cause du rôle traditionnel de programmateur TV sous l'effet du succès des offres alternatives, le plus souvent à la demande et gratuites, concurrence accrue pour l'accès aux contenus attractifs, etc.
Les acteurs historiques de la télévision ne restent pas statiques. Ils peuvent même être leaders de l'agrégation de contenus de qualité, accessibles légalement via leurs plates-formes de VOD ou de télévision de rattrapage. Pour réussir, ils doivent renforcer leurs liens avec l’amont de la filière, construire des offres multi-plates-formes innovantes autour de leurs marques et prendre l'initiative de partenariats innovants.
4) On a parlé de convergence des médias. Quel peut être le rôle du CSA dans ce nouveau contexte ?
La nouvelle directive européenne Services de médias audiovisuels dresse les grands axes de la régulation des nouveaux services. Afin d’éviter une concurrence déloyale entre services audiovisuels traditionnels (linéaires) et services audiovisuels à la demande (non linéaires, comme la VOD), aujourd'hui peu régulés, le législateur européen a souhaité instituer un cadre juridique unique de régulation, étendant aux nouveaux services de médias audiovisuels les principes de la directive TVSF.
La régulation des services de médias audiovisuels à la demande a vocation à s'inscrire dans le dans le champ d’application de la loi française et à être assurée par le CSA, ce qui permettra également d'éviter une distorsion entre les obligations applicables aux services de télévision et celles applicables aux services de médias audiovisuels à la demande, qui proposent des contenus similaires. Cela ne signifie pas que les nouveaux services feront l'objet d'une régulation lourde. Pour qu'ils se développent, il faut qu'ils bénéficient d'un cadre adapté. J'ajouterais, à titre personnel, qu'un utile préalable à ce "light touch of regulation" à l'égard des nouveaux services serait d'alléger les obligations pesant sur les acteurs traditionnels de la télévision. Il est indispensable de mettre en place un cadre adapté à l’évolution des métiers et des services.
Propos recueillis par Maud Soulat
11:40 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CSA, audiovisuel, télé, decker, soulat, TNT, Orange
