17.07.2008
La guerre des 3 aura-t-elle lieu ?
Selon un communiqué de l'AFP, les 3 opérateurs de téléphonie mobile ont déclaré trouver injustifiée une baisse des prix des SMS. C'est une mesure que le gouvernement souhaiterait mettre en place. Les opérateurs télécoms considèrent, quant à eux, que les offres illimités dont bénéficie la plupart de leurs clients est suffisamment attractive pour ne pas effectuer une telle baisse.
L'ARCEP, équivalent du CSA pour les télécoms, a rendu publique hier une étude qui affirme que le prix du SMS vendu à l'unité n'a pas évolué depuis 2005, sauf chez les opérateurs mobiles virtuels, les fameux MVNO (NRJ Mobile, Virgin Mobile, M6 Mobile... qui vendent des offres en partenariat avec les opérateurs historiques qui leur "fournissent" le réseau). Hors forfait, le prix du Texto s'établit à plus de 12 centimes d'euro.
Quand il s'agit de faire payer le consommateur, l'union sacrée fait foi... Les opérateurs se défendent en avançant qu'un faible nombre de leurs clients payent le texto à l'unité (oui enfin en hors forfait, quand même un peu).
"Pour nous, une action réglementaire en faveur d'une baisse des prix des SMS serait injustifiée", a expliqué un porte-parole de France Télécom - Orange.
Un porte-parole de SFR estime que cette étude ne reflétait "pas la réalité de ce que paye le client". Selon lui, le prix moyen d'un SMS s'élevait pour ses clients à 5,1 centimes d'euro au mois d'avril 2008, soit un prix en baisse de 42% en un an.
Bouygues Telecom évalue quant à lui le prix moyen d'un SMS à 5 centimes d'euro en 2008, contre 11 centimes début 2006, a précisé le groupe dans un communiqué.
"Si les pouvoirs publics décidaient d'imposer un prix unitaire à la baisse, le modèle économique s'en trouverait modifié et le prix des offres d'abondance pourrait augmenter", a averti le groupe Bouygues Télécom. "Ce changement se ferait au détriment des jeunes qui font un usage intensif de ce service", a-t-il ajouté.
Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, a annoncé mercredi son intention d'"écrire aux opérateurs pour les sensibiliser aux difficultés des consommateurs à petit budget et les inviter à engager un plan de réduction des prix des SMS unitaires".
19:40 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : téléphonie mobile, SMS, texto, prix, SFR, Orange, Bouygues
29.06.2008
La télé Canada Dry d'Orange
"Nous ne sommes pas en train de faire de la télévision, nous n'avons donc pas vocation à entrer en concurrence frontale avec les chaînes". C'est par ces mots que Xavier Couture, ex dirigeant de TF1 et d'Endemol et nouveau directeur de la division contenus d'Orange, a présenté la nouvelle offre de... télévision ? payante de l'opérateur.
"Nous sommes un opérateur de télécommunications qui a décidé de donner du contenu à ses réseaux, avec entre autres de la télévision". Ah ben c'est de la télé ?... ou pas. En tout cas ça y ressemble, puisque le 9 aout, Orange présentera son offre Orange Foot, pour laquelle Céline Geraud et Denis Balbir ont été engagés, avant d'enchainer, à la fin de l'année, sur une offre de six chaînes cinéma et séries, suite à de nombreux accords avec les majors américaines.
Orange souhaite davantage se positionner en concurrent des plate-formes multimédias et internet que des chaînes historiques comme Canal + et TF1, avec lequel l'opérateur espère nouer des partenariats stratégiques pour enrichir son offre. Rappelons qu'il y a quelques semaines, Jean Bernard Levy, le patron de Vivendi et donc de Canal +, souhaitait qu’Orange "se positionne clairement en tant qu’opérateur de télévision afin qu’il ne profite pas abusivement de sa position de leader dans la téléphonie".
Affaire à suivre...
19:05 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orange, télévision, téléphonie, médias, canal +, foot, cinéma
22.06.2008
Les petites chaînes font aussi leur mercato
Petites infos ce matin pour des animateurs qui ne sont pas encore des vedettes du PAF :
Convergence oblige, Céline Geraud, que l'on retrouvera dés le 8 juillet dans l'Ile de la Tentation, quitte TF1 pour... Orange. L'ex judoka a accepté la proposition de Patrick Chêne de présenter la soirée d'avant match du samedi sur le portail de télévision de l'opérateur. Elle travaillera en collaboration avec Denis Balbir, ex France 2 Foot, et Youri Djorkaeff, ex champion du monde.
Nouvelles chaînes obligent, un des premiers transferts entre 2 chaînes de la TNT avec l'arrivée, sur France 5, de François Busnel, précédemment aux commandes des "Livres de la 8", sur Direct 8. François Busnel occupera le fauteuil laissé vacant par Frédéric Ferney et son "Bateau livre" et présentera une émission hebdomadaire.
Enfin, pour en revenir aux stars du PAF, une petite réaction à l'arrivée de Julien Courbet sur France 2 qui nous vient directement de... l'Elysée, où le chef de l'Etat aurait pris à partie Patrice Duhamel pour lui signifier son mécontentement. Voici quelqu'un qui n'est sans aucun doute pas le premier supporter de M.Courbet...
10:50 Publié dans Petit écran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mercato, céline geraud, orange, france 5, TF1, direct 8, françois busnel
28.05.2008
Un talk show politique sur le Net
Orange et Le Figaro lanceront, dés le 2 juin, "Le Talk Orange-Le Figaro", une émission quotidienne, en direct, pour téléphone mobile et Internet. Le premier invité sera François Fillon.
"Il s'agit du premier talk show politique fait spécifiquement pour le web et le mobile". Ce sont les propos d'Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du Figaro.
Ce programme durera 7 minutes et sera diffusé du lundi au vendredi à 18 heures, sur les sites internet du Figaro et d'Orange, ainsi que sur le portail téléphonique de l'opérateur. Il sera également disponible en rediffusion et en podcast. Les interviewers seront, en alternance, Anne Fulda et Laurent Guimier.
"Quand on additionne les visiteurs des deux portails, on atteint presque 5 millions d'internautes". Etienne Mougeotte semble satisfait de cette opération dont le cout n'a pas été révélé.
Comme Serial Zappeur l'écrivait il y a quelques semaines, Orange poursuit ainsi sa diversification vers les contenus, après avoir investi dans l'offre de football et signé des accords avec Warner et HBO, en vue de la création de chaînes cinéma.
C'est également un signe de la convergence nécessaire entre la presse écrite et Internet.
19:42 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le figaro, orange, talk, politique, mougeotte, presse, internet
15.04.2008
Audiovisuel et convergence : l'avis d'Arnaud Decker
Cette semaine, 4 questions pour ceux qui s'interrogent sur l'avenir de l'audiovisuel et la problématique de la convergence médias.

Arnaud Decker est directeur des études et de la prospective du CSA. Il enseigne par ailleurs à l’Institut d’études politiques de Paris et au sein du mastère de droit et d’administration de l’audiovisuel de Paris I La Sorbonne.
1) La question du financement de la télévision publique a fait l'objet de vifs débats depuis plusieurs mois. Vers quelle solution s'oriente-t-on ? Suppression de la publicité après 20h ?
Le parrainage est-il concerné ? Quelles peuvent être les conséquences d'une telle mesure ?
Il semble que toutes les hypothèses soient sur la table. A la commission présidée par Jean-François Copé de proposer au gouvernement des solutions. Un scénario probable est que la suppression soit progressive, commençant par exemple par une suppression après 20h. C'est une solution qui aurait du sens, car elle permettrait au marché publicitaire d'encaisser le choc de la disparition d'écrans puissants en prime time, à France Télévisions de continuer d'être un acteur significatif du marché publicitaire et cela limiterait l'ampleur des financements à trouver pour combler le trou dans le budget de France Televisions. Le parrainage devrait être maintenu. Les chaînes du secteur privé, TF1 et M6, et dans une mesure significative les nouvelles chaînes de la TNT, devraient bénéficier de la suppression. Des experts du marché publicitaire soulignent cependant que certains annonceurs pourraient purement et simplement quitter le média TV et modifier leur politique d'achat d'espaces.
2) Que pensez-vous du succès de la TNT et quelle évolution pour ce nouveau mode de diffusion ? Au niveau national mais aussi du point de vue des chaînes locales ?
Un tiers des Français sont d'ores et déjà équipés d'au moins un adaptateur TNT et le rythme des ventes ne décroît pas. C'est un formidable succès pour la TNT qui est née il y a seulement trois ans. Aux 18 chaînes gratuites et à la douzaine de chaînes payantes vont s'ajouter prochainement plusieurs chaînes en haute définition et la quinzaine de chaînes de la télévision mobile personnelle. Du côté des chaînes locales, ce sont près de 50 chaînes qui émettront d'ici la fin de l'année.
Au-delà de la seule télévision hertzienne, il est important de comprendre que l'ensemble des vecteurs de diffusion de la télévision sont désormais largement numérisés.
Le nombre de foyers bénéficiant d’un accès à une offre élargie, gratuitement ou sur abonnement, a été multiplié par trois depuis 2001. Près des deux tiers des foyers français équipés TV accèdent désormais à 15 chaînes et plus (pour la plupart en qualité numérique). Le "multichaînes" est une révolution silencieuse qui n'a pas fini de produire ses effets sur le marché, notamment en termes d’audience.
3) Orange qui développe un bouquet et débourse 203 M€ pour le foot, SFR qui lance sa SFR box, le boom de Dailymotion et Youtube... Nous sommes à un tournant de la convergence. Quelle évolution pour le paysage audiovisuel demain ? Avec quelle place pour les groupes historiques ?
L'intérêt des groupes de télécommunications pour l'audiovisuel n'est pas nouveau. France Télécom était un des actionnaires fondateurs de TPS il y a douze ans. Le phénomène nouveau, c'est sans doute la combinaison du boum du haut débit, de la capacité des réseaux à supporter confortablement tous types de contenus, notamment la vidéo, et de l'explosion des plates-formes de partage et du web communautaire, dans lesquels l'audiovisuel est omniprésent. Cela soumet le secteur à de multiples tensions : mise en cause du rôle traditionnel de programmateur TV sous l'effet du succès des offres alternatives, le plus souvent à la demande et gratuites, concurrence accrue pour l'accès aux contenus attractifs, etc.
Les acteurs historiques de la télévision ne restent pas statiques. Ils peuvent même être leaders de l'agrégation de contenus de qualité, accessibles légalement via leurs plates-formes de VOD ou de télévision de rattrapage. Pour réussir, ils doivent renforcer leurs liens avec l’amont de la filière, construire des offres multi-plates-formes innovantes autour de leurs marques et prendre l'initiative de partenariats innovants.
4) On a parlé de convergence des médias. Quel peut être le rôle du CSA dans ce nouveau contexte ?
La nouvelle directive européenne Services de médias audiovisuels dresse les grands axes de la régulation des nouveaux services. Afin d’éviter une concurrence déloyale entre services audiovisuels traditionnels (linéaires) et services audiovisuels à la demande (non linéaires, comme la VOD), aujourd'hui peu régulés, le législateur européen a souhaité instituer un cadre juridique unique de régulation, étendant aux nouveaux services de médias audiovisuels les principes de la directive TVSF.
La régulation des services de médias audiovisuels à la demande a vocation à s'inscrire dans le dans le champ d’application de la loi française et à être assurée par le CSA, ce qui permettra également d'éviter une distorsion entre les obligations applicables aux services de télévision et celles applicables aux services de médias audiovisuels à la demande, qui proposent des contenus similaires. Cela ne signifie pas que les nouveaux services feront l'objet d'une régulation lourde. Pour qu'ils se développent, il faut qu'ils bénéficient d'un cadre adapté. J'ajouterais, à titre personnel, qu'un utile préalable à ce "light touch of regulation" à l'égard des nouveaux services serait d'alléger les obligations pesant sur les acteurs traditionnels de la télévision. Il est indispensable de mettre en place un cadre adapté à l’évolution des métiers et des services.
Propos recueillis par Maud Soulat
11:40 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CSA, audiovisuel, télé, decker, soulat, TNT, Orange
09.04.2008
Pay TV : Orange concurrent "sérieux" de Canal +
La guerre de la TV payante est loin d'être terminée. Alors que Canal + a racheté TPS en 2006, se retrouvant en situation de monopole sur les offres de pay TV, voici qu'une nouvelle bataille s'engage, cette fois avec Orange.
L'opérateur télécom va en effet lancer un véritable bouquet avec 6 chaînes de cinéma et de séries. France Télécom a également signé des accords pluriannuels avec les studios Warner, Gaumont et la chaîne américaine HBO, une annonce intervenue en début de semaine. Enfin, on se souvient qu'Orange a déboursé 203 millions d'euros pour obtenir trois des douze lots de droits audiovisuels 2008-2012 de la Ligue 1 de football.
Rodolphe Belmer, Directeur Général de Canal +, a réagi hier à ce qu'il appelle la refondation d'un "petit TPS Star". Selon lui, la mise en place de l'offre d'Orange casse la situation de monopole créée par la fusion CanalSat-TPS en 2006, situation qui avait obligé le nouveau bouquet unique Canal + à respecter un certain nombre de contraintes, notamment la mise à disposition de la chaîne TPS Star à d'autres distributeurs.
Les dirigeants de Canal + veulent des garanties face à l'arrivée de ce nouveau concurrent. Ainsi, Rodolphe Belmer souhaite que "France Télécom contribue sur son chiffre d'affaires dégagé des offres triple-play" au financement de la création française, comme le fait Canal+. "L'exception culturelle, ça se finance et se protège".
Bertrand Méheut, dans le Figaro, a quant à lui estimé que la concurrence ne se faisait pas "à armes égales", si l'on compare le chiffre d'affaires d'Orange (53 Mds d'euros) à celui de Canal + (4,3 Mds d'euros)
Ce qui se noue derrière cette nouvelle offre, c'est bel et bien la refonte complète de l'offre audiovisuelle en France. L'explosion de la TNT et la montée en puissance des offres Triple play des opérateurs mobiles sont deux exemples de l'éclatement du modèle audiovisuel classique. Les groupes de télévision "historiques" doivent s'adapter à ces mutations profondes qui vont accélérer la convergence déjà forte entre les médias, la téléphonie et Internet.
Se posera aussi, tôt ou tard, la question du cahier des charges de ces offres de télévision "parallèles", de leur régulation (par l'ARCEP ou par le CSA ? Y aura-t-il fusion des deux autorités de régulation ?) et du financement de la création française, notamment du cinéma.
La révolution Orange est en marche et elle ne devrait être que les prémices d'une profonde transformation de l'offre de médias à laquelle les groupes historiques vont devoir, pour assurer leur survie, s'adapter.
11:30 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orange, médias, télévision, canal +, triple play, pay TV, économie

