02.07.2008

La saison des secrets

Non, je ne vais pas vous parler de la saison 2 du jeu de real-TV de TF1. Pour ça vous avez Jean Marc Secret Story.com. Apparemment ça les passionne, et les téléspectateurs aussi si l'on en croit les audiences. Soit.

Non, je vais vous parler de la nouvelle série quotidienne de M6 "Pas de secrets entre nous". Démarrage laborieux lundi mais bon, en face du Chef de l'Etat venu nous livrer ses 4 vérités, les petits secrets des colocs de M6 ne faisaient pas trop le poids.
Première constatation : merci M6, l'horaire de diffusion de cette série s'enchaîne idéalement avec Plus Belle la vie. Du coup, pas de concurrence frontale. Et tout le monde est content.
Deuxièmement : ça ne ressemble en rien à un Friends à la française, plutôt à un Sous le soleil du macadam, un Plus belle la vie parisien mais alors sans les ratés du début. C'est bien joué (enfin par à peu près tout le monde) et certains personnages sont déjà assez attachants. Pour les autres, ça devrait venir même si on se demande pour le moment à quoi ils servent.

Bref, c'est plutôt une bonne surprise et je vous recommande cette nouvelle série quotidienne. Avec Marie Fugain, "Pas de secrets entre nous", à 20h sur M6.

En bonus, une vidéo de Télé Loisirs sur les coulisses du tournage :

L'avertissement de P.De Carolis

"A l'impossible, nul n'est tenu. Donc si, à un moment donné, je vois pas que je n'ai pas la possibilité de faire mon travail, d'avoir les moyens de nos ambitions, (...) je dirais stop" C'est par ces mots que Patrick De Carolis, actuel président de France Télévisions, a réagi hier, sur RTL, aux récents mouvements concernant la réforme de l'audiovisuel public.
M.De Carolis "estime aujourd'hui, d'après les déclarations des uns et autres que le compte n'y est pas". Et prévient donc qu'à la fin de l'été, il pourrait quitter ses fonctions.
Réaffirmant son indépendance dans le choix des programmes, Patrick de Carolis a également souhaité se poser en faux par rapport aux déclarations du Chef de l'Etat qui estimait qu'il n'y a "aucune différence" entre la télévision de service public et les chaînes privées. C'est sûr, tout le monde a vu le cycle Maupassant sur TF1, ou le théâtre en direct sur M6... Ouarf. Enfin non ce n'est même pas drôle.

"Depuis trois ans avec (le directeur général) Patrice Duhamel, avec les équipes de France Télévisions, nous nous efforçons de faire une télévision respectable et j'entends qu'elle soit respectée".
M.De Carolis est également revenu sur la prochaine nomination du Président de France Télévisions par l'exécutif, rappelant qu'au moment de sa propre nomination par le CSA, aucun pouvoir en place ne l'avait soutenu. Nicolas Sarkozy avait qualifié d'"hypocrisie totale" le système actuel de nomination par l'Autorité administrative indépendante.

Pour rappel, le projet de loi de réforme sur l'audiovisuel sera débattu mi-octobre et il est question d'une future nomination d'un nouveau président avant l'échéance du mandat de Patrick De Carolis, en 2010.

01.07.2008

Le Chef de l'Etat sur France 3, c'est du sérieux ?

Hier, Le Président de la République est allé dans les studios de France 3 pour répondre aux questions des journalistes sur l'avenir du service public. Auquel il tient beaucoup. Comme le montre cette vidéo "off" dévoilée par la chaîne. On y voit le Chef de l'Etat discuter de bon coeur avec les journalistes présents, notamment Paul Nahon et Gérard Leclerc. Bon visionnage...

28.06.2008

Un commissaire au pays du roi Arthur

Le livre VI de Kaamelott est actuellement en tournage dans les mythiques studios de Cinécitta, à Rome. Alexandre Astier y peaufine l'avant-dernière saison de la déjantée légende du Roi Arthur. Et devrait accueillir de nouveaux guests.
Après Antoine de Caunes, Alain Chabat ou encore Christian Clavier, c'est cette fois-ci Pierre Mondy, le commissaire Cordier, qui, selon Télé Star, devrait rejoindre la distribution de Kaamelott.
Plus sombre et plus proche d'un vrai long-métrage, la saison V de Kaamelott avait opéré un tournant dans la série. On y découvrait un Arthur mélancolique, fragile et tourmenté, introduisant le personnage trouble de Méléagant qui fera basculer la légende arthurienne dans la tragédie.
Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Alexandre Astier a prévu, depuis la création de Kaamelott, d'en faire une trilogie au cinéma. On a hate.

En attendant le DVD du livre V qui devrait paraître fin septembre 2008, voici un épisode "L'odyssée d'Arthur" :

La Roumanie veut limiter les infos négatives

Décidément, la réforme des médias est dans l'air du temps en Europe. Et pas toujours dans le bon sens. La preuve avec l'adoption par le Sénat Roumain, le mercredi 25 juin, d'un projet d'amendement de la loi sur l'audiovisuel obligeant désormais les médias à diffuser 50% d'informations positives.
"Les programmes d'actualité des télévisions et des radios devraient, dans la même proportion, contenir des informations positives et négatives". Voici les termes de ce projet présenté par le Parti libéral de gouvernement et du parti extrémiste Romania Mare (la Grande Roumanie).

Reporters sans frontières n'a pas tardé à réagir :
« Ce projet de loi est tout simplement inacceptable pour un pays membre de l’Union européenne. Seul des Etats comme la Chine ou la Corée du Nord se dotent encore de ce type de législation rétrograde et anachronique, totalement subjective et vide de sens (...) Nous demandons au président Traian Basescu de ne pas cautionner de sa signature un texte si ouvertement incompatible avec les standards européens auxquels la Roumanie a souscrit en 2007. Nous demandons également au Sénat, qui pourrait être appelé à revoter, de rejeter l’intégralité de ce texte."

Malgré un avis négatif de la commission des droits de l'Homme du Sénat roumain, la commission de la Culture et des Mass médias a soutenu ce projet. Il devra bien sûr être validé par le CNA, le Conseil National de l'Audiovisuel roumain, qui a d'ores et déjà critiqué ce texte par la voix de son président, Rasvan Popescu : "Une actualité est une actualité, elle n'est ni positive ni négative, elle reflète tout simplement la réalité".

On ne peut s'empêcher, comme le rappelle Le Monde, de trembler face à cette nouvelle en repensant à l'époque Ceaucescu. Il parait surprenant de la part d'un pays membre de l'Union Européenne de prendre des mesures de ce genre, mettant en danger la liberté de la presse. Mais cela prouve aussi que le développement économique et l'intégration de certaines ex-dictatures dans une communauté telle que l'UE ne les protège pas des dérives extrêmes et dangereuses pour la démocratie. Car, au-delà du fait qu'on ne doit pas imposer de choix éditoriaux aux médias, qu'entend-on par "information positive" ?

Sur le sujet, lire l'article du Monde du 27 juin.

26.06.2008

Quand la Maison Blanche voyait la vie en rose

Ce soir, une fois n'est pas coutume, j'ai regardé NT1 car je voulais voir "Le président et Miss Wade", un film de 1995 qui raconte la rencontre amoureuse entre le Président des Etats-Unis, veuf, et une conseillère politique qui travaille pour le lobby écologiste.
Ce film, bien qu'ayant les petits défauts inhérents aux comédies romantiques, peut être considéré comme le laboratoire de la série "The West Wing" et pour cause : son scénariste n'est autre qu'Aaron Sorkin. On y retrouve d'ailleurs certaines répliques de la série (lorsque le Président demande à ce qu'on lui explique l'intérêt de la riposte proportionnée) et même certaine scènes qui ont du inspirer le créateur d'"A la maison blanche" (quand Michael J.Fox, archétype du Josh Lyman sorkinien, s'en prend au Président Sheperd sous l'oeil désabusé du Chief of Staff, ici joué par... Martin Sheen)
On y retrouve également plusieurs des futurs acteurs de la série : Martin Sheen donc, en secrétaire général, Anna Devaere Smith, Joshua Malina (Will Bayley) et même Shawna Waldron, qui jouera plus tard le rôle d'Elie Bartlet dans "The west wing"
Si vous l'avez raté ce soir, vous pouvez le voir en DVD. En attendant, voici la bande-annonce de l'époque :

Plus d'infos sur ce film

Aujourd'hui c'est la St Julie

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Chaque jour nous amène son lot d'informations sur le mercato des animateurs. Aujourd'hui, deux Julie sont à l'honneur.
La première, Julie Raynaud, quitte W9 pour France 2 où elle présentera "26 minutes pour rire" du lundi au samedi à 18h15. Elle officiait auparavant sur la mini-M6 dans un remake du Jeu de la Vérité.
La seconde, Julie Andrieu, la reine des fourneaux, reprendra un concept développé par Coyote (C.Dechavanne) et diffusé chaque dimanche, à 18h, sur France 5. A partir du 20 juillet, elle partira avec "Fourchette et sac à dos" pour nous faire découvrir les patrimoines gastronomiques de différents pays, du Brésil au Japon en passant par le Québec.

Réforme du service public : De Carolis sur la sellette

Ce soir, au JT de France 2, on n'a pas fait dans la dentelle : l'annonce de la nomination du Président de France Télévisions par le Chef de l'Etat a été mis en relation avec le bon vieux temps, si l'on peut dire, d'Alain Peyrefitte et de l'ORTF. Le Monde publie aujourd'hui une information selon laquelle Nicolas Sarkozy souhaiterait la nomination d'un nouveau patron du service public après le vote de la loi de réforme, à l'automne. Et donc avant la fin du mandat de Patrick de Carolis, prévu en 2010.

Rappelons qu'auparavant, le Président de France Télévisions était nommé par les 9 sages du CSA. Il le sera désormais par l'exécutif, en conseil des Ministres, après avis conforme du CSA et sous réserve de l'approbation de la majorité qualifiée au Parlement. C'est un retour en arrière et une révolution au niveau européen, puisque, comme le rappelait France 2, même Silvio Berlusconi n'interfère pas dans le choix du patron de la RAI.
S'il est vrai que Patrick de Carolis n'est pas reconnu par ses pairs comme le plus grand président que France Télévisions ait connu, son éviction pose bien évidemment la question du choix de son successeur.

On connait les liens très fort du pouvoir en place avec les cercles médiatiques, qu'en sera-t-il du nom du remplaçant de M.De Carolis ?
Au sujet de cette proposition choc du Président, plusieurs articles intéressants :

L'article "France Sarkovision" de Garrigos et Roberts dans Libération

L'edito du Monde "Haro sur France Télé !"

Un article du Nouvel Obs sur les réactions au discours du chef de l'Etat

Le Figaro : Nicolas Sarkozy "bouleverse les soirées télé"

25.06.2008

Audiovisuel public : premières réactions

ee74c963e2c1efc810d00430ee4a5db1.jpg A peine le rapport Copé n'était remis au Président de la République que des réactions se sont faites entendre.
Les opérateurs télécom et les fournisseurs d'accès internet, tout d'abord, ont vivement protesté contre la décision de Nicolas Sarkozy d'instaurer une taxe de 0,9% sur leurs chiffres d'affaires pour financer la suppression de la publicité à la télévision publique.
Ces professionnels considèrent que "cette taxe, qui va au-delà des recommandations de la commission Copé (qui proposait 0,5%, ndlr), est à la fois contre-productive et illégale", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Fédération française des télécoms, qui les rassemble.
De son côté, le président de l'Association des fournisseurs d'accès à internet, Daniel Fava, a jugé cette taxe "complètement disproportionnée, en regard du chiffre d'affaires que l'on génère avec les flux télévisuels, qui est d'à peu près 500 millions d'euros".
Interrogé sur i-Télé, M. Fava "n'a pas exclu" un recours devant la Commission européenne, estimant que ce projet "pourrait être assimilé à une aide d'Etat" vers le secteur audiovisuel.

L'autre réaction est politique : le président du MoDem, François Bayrou, qui avait fait de l'indépendance des groupes de médias un de ses thèmes durant la campagne présidentielle, estime que ce plan est une "mise sous contrôle de la télévision".
"Tout ceci serait impossible dans des démocraties de plein exercice. On a rarement vu un plan aussi déterminé de mise sous contrôle de la télévision (...) Le service public devient directement dépendant de l'Etat: son patron va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants"
Le président du Mouvement Démocrate a également indiqué que c'est le consommateur qui va payer "au travers de ses communications téléphoniques et des services internet". Enfin, il s'est exprimé sur le "cadeau" fait au privé : "Dans le même temps, les chaînes privées reçoivent la manne publicitaire qui se portait autrefois sur le service public, et pour leur permettre d'améliorer leur bilan, on leur offre la possibilité d'une deuxième coupure, qui double le temps de publicité le plus lucratif"

La réforme de France Télévisions en 4 questions

Le Parisien publie aujourd'hui un article reprenant le dossier France Télévisions en 4 questions. Les voici avec une petite dose de Serial Zappeur en prime.

- Pourquoi supprimer la publicité sur France Télévisions ?

Le Parisien nous explique : "C'est une idée qu'avait déjà eue la gauche, sans la mettre en application. L'objectif est de dégager les chaînes publiques de la pression de l'audience - qui conditionne les recettes publicitaires - afin de proposer des émissions ambitieuses". Le problème étant de trouver une solution alternative à ce modèle de financement.
Ajoutons ici que cette réforme remet à plat tout le système de financement des chaînes avec une probable explosion des recettes publicitaires de TF1 et M6, une augmentation du temps de publicité sur les chaînes privées avec une probable seconde coupure (la joie de voir Dr House coupé toutes les 10 minutes...) sans garantir, vu que le parrainage n'est pas concerné par la réforme, que l'on n'aura pas droit à des tunnels de programmes courts entre la fin du JT de France 2 et le début du programme de prime time.

- Comment financer France Télévisions ?
Là il vous suffit de reprendre mon dernier post sur les projets de la commission Copé, dont les propositions sont relayées ce matin par Le Parisien, reprenant les propos du Chef de l'Etat le 8 janvier : « Une taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à Internet ou la téléphonie mobile. »
Problème n°1 : ça coince légèrement du côté des chaînes privées qui se sont récemment regroupées en association. Demander à TF1 de payer pour que France 2 lui pique Julien Courbet, ce n'est pas très sport selon Boulogne... qui a proposé récemment sa vision du service public sans rugby, sans séries américaines...
Problème n°2 : un financement par les nouveaux acteurs audiovisuels (téléphonie et Internet) va sans aucun doute être répercuté sur le consommateur...qui va déjà voir sa redevance augmenter. Au moment où on dépense 4 millions d'euros pour nous montrer que le pouvoir d'achat c'est possible, ça fait un peu tâche...

- Quel projet pour France 3 ?
La chaîne des régions devrait bénéficier (hum) d'une nouvelle "carte audiovisuelle" avec 7 décrochages locaux au lieu de 13, ce qui déclenche déjà des réactions en chaîne (OK je sors). Le Parisien nous explique cependant que la commission Copé souhaite tester son nouveau projet pour la 3 sur une région pilote.
France 3 est la chaîne qui emploie le plus de salariés (6 000 des 11 000 que compte le groupe) et ses structures locales participe à la mise en valeur des régions. Exemple avec l'édition Iroise, en partie en breton. A l'heure où l'on parle de la mise en valeur des langues régionales, centraliser est une idée assez étonnante. D'autant que cela va encore profiter aux grandes métropoles au détriment des villes moyennes.

- Quelle structure pour l'entreprise ?
Les quarante-neuf sociétés de l'audiovisuel public seraient réunies en une seule entreprise conduite par un conseil d'administration de douze membres, dont huit issus du monde de l'entreprise, « mais pas du secteur audiovisuel pour qu'il n'y ait pas de conflit d'intérêt ». Le Président du CSA serait nommé par ce conseil.
Intégrer des acteurs du monde de l'entreprise reviendrait en quelque sorte à privatiser, selon les syndicats. Mais l'élément le plus inquiétant est sans doute l'idée de l'intervention du Parlement dans le choix de ces membres du conseil. France Télévisions serait ainsi soumise à la majorité en place, quelle qu'elle soit, et cela remet en cause l'indépendance des médias.

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